Pff, par où commencer.. ?
Comme ce que j'ai pu voir par ici (et ça me rassure un peu), je n'ai personnellement pas du tout été déçu par le contenu de la fin de Mass Effect 3.
Le thème de la vie synthétique, contrairement à ce que dit Dooku, m'a semblé être un des thèmes majeurs de cet opus (et de la saga entière en fait, et du coup les motivations réelles des moissonneurs ne m'ont pas tant surpris que ça (Enfin un peu quand même mais j'en étais pas à lâcher un gros WTF). On le voit tout au long du jeu: IDA, les Geths, les races mentionnées par Javik qui se sont transformées en synthétiques (tiens d'ailleurs je viens de tilter que ça fait écho à la troisième possibilité de fin), ainsi que la haine constante de Javik envers les moissonneurs (décidément c'est dégueulasse d'avoir proposé ce personnage en DLC, c'est clairement un des personnages les plus incontournables de l'opus. Ça vaut énormément la peine de le prendre en permanence dans son équipe, il a des commentaires sur le background qui sont hyper importants tout au long du jeu, notamment sur Tessiah ou on apprend qu'en fait ben les dieux des Asari c'était les Prothéens).
Je ne comprends pas non plus qu'on soit tellement surpris par la fin. Perso à partir du moment ou on a appris à la fin du 2 que les moissonneurs étaient en fait bâtis à partir d'autres races, le raisonnement logique était assez simple.
Petit a: Ils font ça parce que ça les arrange.
Petit b: Ils font ça parce que c'est le seul moyen pour eux de le faire.
Petit c: Ils font ça parce que c'est leur but en soi.
Les trois étaient envisageable (je n'irai pas prétendre que j'étais sûr à 100% que la révélation finale sur les moissonneurs irait dans le sens du petit c à la fin du 2), mais à partir de Rannoch, quand le moissonneur dit clairement "Nous sommes vos sauveurs" avant de crever, y'avait juste aucun doute qu'on était dans le petit c (raison pour laquelle j'ai pas été tant surpris que ça).
J'ai trouvé également ça intéressant (dites-moi que je me touche, je m'en fous), d'un point de vue de la philosophie. Ça fait réfléchir sur le thème du danger des formes de vies synthétiques, tout en offrant une anticipation (certes un peu absurde, on reste dans la fiction plus que dans l'anticipation) qu'on ne nous a pas souvent fait voir quand on aborde le sujet. Bref, en matière de réflexion philosophique, y'a matière à travailler (pas impossible que je le cite dans une dissert d'ailleurs).
Bref, je n'ai pas grand-chose à critiquer sur ce qui est dit dans le final. Je dirais même que je vois assez mal ce qu'on pourrait dire d'autre sans verser dans le ridicule (ce qui implique si vous suivez mon raisonnement que je ne trouve pas la fin ridicule).
En revanche, ce qui est clairement critiquable, c'est d'une part, la forme.
Si Mass Effect jouit sans aucune contestation possible d'une réalisation incroyable, ça ne l'empêche pas d'être bourrés de maladresses. Je ne parle pas de déséquilibres ingame ni de bugs (ça j'y reviendrai un peu plus bas) mais d'une maladresse plus globale dans la mise en scène. Il y en a tout au long du jeu (j'ai personnellement, mais j'ai l'impression d'être le seul, été déçu par le doublage de certains personnages que j'ai trouvé clairement un bon cran en dessous du 2, genre IDA, Légion, Wrex... Il y en a d'autres (pas tant que ça non plus), mais pour certains personnages j'avais même l'impression qu'ils avaient changé de doubleur. D'ailleurs, de manière globale, j'ai trouvé le doublage de Mass Effect 3 moins bon que celui des opus précédents), mais dans le final, c'est une horreur.
Le dialogue avec l'Homme Trouble, on dirait une série C, c'est mal doublé et mal joué (mais vraiment, alors que l'Homme Trouble de Mass Effect 2 était incroyable), les timings sont mauvais, la mise en scène ratée (sérieux il a fallu que je regarde 2 fois la fin pour comprendre ce que faisait l'Homme Trouble, au début je pensais qu'il contrôlait Shepard et Andersen), la mort d'Andersen est ratée au possible... Bref, sur cette fin, Mass Effect 3 essaye de faire "comme au cinéma", mais le fait de façon gauche et risible. Sans parler du doublage du Catalyseur qui me donne systématiquement envie de lui arracher la tête sur sa première réplique. C'est triste à dire, mais suffit pas de modéliser une explosion pour atteindre le niveau d'un vrai jeu d'acteur.
Et ce qui est également critiquable, c'est le fond (en termes de contenu, pas de choix).
Là plusieurs l'ont déjà relevé, mais cette fin grouille de non-dits, de choses qui passent à la trappe. Pour l'Augure il a fallu que je regarde le passage sur Youtube (pour une raison que je mentionnerai plus bas) pour remarquer que c'était lui qui attaquait. L'Homme Trouble (Cerberus aussi) j'ai sérieusement de la peine pour lui, après avoir développé un personnage magnifique, on le balaie d'un revers de main en disant qu'en fait il était endoctriné et il se faisait avoir from A to Z (génial, vous venez de réduire l'intérêt de Cerberus à néant, bien joué Bioware. Vous venez de sabrer du même coup le scénario de Mass Effect 2. Vous vous en rendez compte ? Surtout après la mission sur Horizon (de ME3) qui est peut-être une des plus mémorables du jeu à mon sens). Kai Leng, avec lui on effleure un personnage intéressant pour finir avec la seule bossfight du jeu qui m'ait posé quelques soucis (mais pas le seul moment), où on finit par tirer une balle dans la tête d'une coquille vide (c'est ça qui a tué Thane, vous êtes sérieux là ? Vous m'avez gâché un perso pour ça ?). Sans compter le fait incroyablement décevant que finalement, tous nos choix n’auront servi à rien, puisqu’on peut CHOISIR sa fin (vraisemblablement l’épilogue ne change pas, d’ailleurs). POUR-QUOI ? D’ailleurs (j’ai pas vérifié), est-ce que ce qu’on fait durant le jeu (niveau recrutement) a une quelconque influence pour la séquence finale ?
Bon par contre la rivalité Krogan/Turiens je ne vois pas ce qui est critiquable (j'ai lu un truc à ce propos), le thème a été traité tout à fait correctement dans le jeu. Certes, le background aurait pu être étoffé sur une bonne dizaine d'heures (et pas qu'entre ces deux espèces. Y'a encore beaucoup de choses à dire, avec les Volus, les Elcors, les Asaris, les Galariens, les Drell (tain sans Thane cette race n'aurait jamais existé aux yeux du joueur, d'ailleurs il me semble qu'elle n'est pas mentionnée dans Mass Effect 1), les Hanaris, et même les Prothéens (enfin un peu moins pour eux, grâce à Javik le thème est bien traité), voire deux dizaines d'heures en fait vu la parenthèse que je viens de faire, mais ma foi, ce n'est pas si grave que ça.
Maintenant, je voudrais parler d'un point qui m'a beaucoup plus fâché, à savoir l'aspect technique.
J'ai fait le jeu en démentiel. Je jouais un infiltrator je crois (celle qui a camouflage tactique), et très honnêtement c'est une ballade de santé, pour la grosse majorité du gameplay.
Bon, peut-être que je suis un peu vaniteux, ça demande quand même de bien connaitre les tactiques de jeu (les timings, bien comprendre tout l'enjeu de la pause active, et répartir ses points de compétence intelligemment), mais globalement, une fois qu'on a le système dans les doigts, ça va tout seul, et si on encaisse quelques game over quelque fois (les ennemis font quand même super mal), c'est pas si fréquent que ça.
Alors niveau points positifs, j'ai fortement apprécié le retour de la possibilité de prendre n'importe quelle arme quel que soit sa classe, et je salue la variété des armes, qui fait enfin le juste milieu entre Mass Effect (qui en avait résolument beaucoup trop) et Mass Effect 2 (où la variété d'armes relevait de l'anecdotique). Dommage néanmoins que tout cela soit gâché par le fusil de récolteur qui est littéralement l’arme la plus puissante du jeu (quoique non, c’est la 2ème plus puissante), à tel point qu’à partir d’un certain stade, bien que je le prisse toujours avec moi, je me refusai le droit de l’utiliser (sauf en cas de crise), pour garder un minimum d’intérêt ludique (rajoutez lui le mod qui fait des dégâts, le mod qui rajoute de la mun, et les mun givrante, je vous laisse imaginer la surpuissance de la bête).
Je voudrais aussi saluer le retour en force de l’arme au corps à corps, qui ajoute un intérêt tactique non négligeable (d’autant plus avec le camouflage tactique. Sachant qu’en démentiel se retrouver ne serait-ce que 2 secondes à découvert sous le feu ennemi peut se révéler mortel, l’utilisation et l’optimisation judicieuse du camouflage tactique devient vite indispensable).
Voilà d’ailleurs bien un point qui m’a agacé tout au long du jeu. Il est incroyablement déséquilibré. Je ne parle pas d’intelligence des IA (n’ayant pas testé les niveaux inférieurs, d’ailleurs l’IA en démentiel est correcte sans être inoubliable), mais d’équilibre des puissances.
J’ai dit un peu plus haut que le fusil de récolteur n’était que la 2ème arme la plus puissante du jeu, et pour cause. Celle à qui revient ce titre, c’est la grenade offensive que possèdent tous les ennemis. Mais attention, dans un cadre bien précis. Elle ne nous fait mal qu’à nous. Aux coéquipiers, c’est une légère brise. Mais pour Shepard, être à moins de 5 mètres d’une grenade qui explose signifie recevoir immédiatement pas loin de 2000 points de dommages, ce qui signifie immanquablement la mort en un seul coup, peu importe la quantité de boucliers, barrières et bonus de défense dont vous bénéficiez. Donc en gros, tout au long de mon playthrough, ma seule et unique crainte était ce symbole rouge clignotant, qui me faisait même me jeter sans aucune hésitation ni couverture sous le feu ennemi, celui-ci représentant moins de risques (je crois même qu’une ou deux fois je me suis retrouvé au milieu de la ligne ennemie à cause de lui).
Bon, j’admets aussi que je flippais grave quand j’entendais le cri d’une furie (ou que je voyais apparaitre une brute, quoique moins vers la fin du jeu ou j’ai développé une technique pour abattre une brute en quatre tirs), ces saloperies sont vraiment dangereuses, bien que gérables quand on est pas assaillis par le nombre.
Pour encore parler des déséquilibre, ce n’en est pas vraiment un, mais c’est plutôt un troll, que je voudrais signaler à qui est tenté de faire le jeu en démentiel.
Je vous l’ai dit plus haut, le jeu est une ballade de santé en démentiel, et c’est vrai (à l’exception peut-être du combat contre Kai Leng qui lui est vraiment difficile, à cause du fait qu’il soit très scripté, et qu’on ne puisse pas lui faire de dégâts quand il est en mode je-détruis-le-décors).
Seulement voilà. J’ai été contraint, après 45h de jeu, à baisser la difficulté. Et cela, à cause d’un seul ennemi. Le tout dernier ennemi du jeu. Le maraudeur qui apparait quand on est mourant et qu’on essaye d’accéder au faisceau.
Lui.
Je tenais à vous prévenir. J’ai tenté 20 fois de l’abattre, mais c’était littéralement impossible. Le timing est INCROYABLEMENT SERRÉ. J’ai fini par réussir (du premier coup) en recommençant la dernière mission après avoir fini le jeu.